Lundi 17 juin 1957 (RL) Extrait du compte-rendu de la Fête des Fraises
(…) Aux enfants de Woippy morts pour la France Quelques instants plus tard, les invités étaient reçus officiellement en l'hôtel de ville par M. Jungling et les conseillers municipaux. Puis, selon la coutume, le cortège se reforma et se dirigea vers le monument aux morts. Une émouvante cérémonie s'y déroula, au cours de laquelle des gerbes de fleurs furent déposées par la reine des Fraises et la reine du Football au nom des diverses sociétés. Mais dans un geste qui l'honore, M. Kopp, au nom du groupement des sociétés tint, à son tour, à fleurir le monument, à la mémoire de Paul Simon, enfant de Woippy, tombé en Algérie le 12 juin dernier et dont la nouvelle du décès a endeuillé cette fête des Fraises. Une minute de silence fut observée à la mémoire de tous les disparus et l'Union Philharmonique du Sablon exécuta la « Marseillaise ». (…) Jeudi 20 juin 1957 (RL) Un service de requiem sera célébré samedi prochain en l’église paroissiale à la mémoire du jeune soldat. A cette occasion, tous les porte-drapeau des sociétés patriotiques, pompiers, se feront un devoir d’assister au service religieux. Rassemblement à 9 h. 45 devant l’église. Nous présentons à la famille nos sincères condoléances. Mardi 3 septembre 1957 (LL) A cette occasion, les porte-drapeau des différentes associations ainsi que les porteurs de gerbes sont priés de se réunir à 8 h. 30 devant l’église où le corps sera déposé. Les écoliers et le conseil municipal se réuniront à 9 h. 30 devant l’hôtel de ville. Le service de « Requiem » aura lieu à 10 heures à l’église paroissiale. Mardi 3 septembre 1957 (RL) premier enfant du village tombé en Algérie L’annonce du décès du jeune soldat, avait, il y a trois mois, endeuillé la fête des fraises, et une gerbe de fleurs avait été alors déposée au pied du monument aux Morts, car Paul Simon était le premier enfant de Woippy tombé en Algérie. Fils de Mme et M. André Simon, ouvrier à Hagondange, et domicilié dans notre localité, il avait été appelé normalement sous les drapeaux en mai 1956. Après un séjour de quelques mois en Métropole, Paul Simon avait été envoyé en Afrique du Nord en octobre de la même année. Il devait, hélas ! trouver une mort glorieuse en combat. Les obsèques auront lieu le jeudi 5 septembre en l’église de Woippy. En ces douloureuses circonstances, nous présentons à ses malheureux parents et à toute la famille nos très sincères condoléances. Mercredi 4 septembre 1957 (RL) A cette occasion, les porte-drapeau des différentes associations, ainsi que les porteurs de gerbes, sont priés de se réunir à 8 h. 30, devant l’église, où le corps sera déposé. Les écoliers et le Conseil municipal se réuniront, à 9 h. 30, devant l’Hôtel de ville. Le service de Requiem aura lieu, à 10 h., à l’église paroissiale. Vendredi 6 septembre 1957 (RL) deux jeunes Lorrains reposent en terre natale Le parachutiste Paul Simon, à Woippy Depuis 8 heures du matin, le corps des sapeurs-pompiers de la localité montait une garde d’honneur auprès du cercueil recouvert d’un drapeau tricolore et d’une amoncellement extraordinaire de couronnes. L’office funèbre fut célébré par M. l’abbé Bémer, curé de la paroisse, alors que la chorale entonnait les cantiques de circonstance. Parmi l’assistance l’on pouvait remarquer la présence de M. Jungling, maire de Woippy, entouré des membres du Conseil municipal ; d’une délégation de la brigade de gendarmerie de Metz ; d’une délégation de l’Arsenal. Toutes les sociétés locales étaient également représentées : société d’aviculture, Engagés Volontaires, Souvenir Français, société « L’Union », déportés politiques, « Malgré-Nous », football-club, Relève, combattants de l’Union Françaises, J.O.C., etc… avec leurs drapeaux. A l’issue de la cérémonie religieuse, un piquet de la 6ème C.R.T. de Metz, rendit les honneurs au disparu. Le cercueil devait être ensuite chargé dans un fourgon des pompiers et tiré par les « soldats du feu » jusqu’au cimetière. M. le Maire évoqua alors, dans une brève et émouvante allocution, la vie de Paul Simon, jeune homme sympathique, d’une conduite exemplaire et qui avait su, au sein des divers groupements auxquels il avait appartenu et particulièrement dans l’équipe des sapeurs-pompiers, gagner l’estime et la sympathie de tous. Les drapeaux s’inclinèrent une dernière fois en souverain hommage. A la famille, si douloureusement éplorée, nous renouvelons nos sincères condoléances. ![]() (LL)
A 10 heures, eut lieu la messe de Requiem, chantée par M. l’abbé Bémer, curé de la paroisse. L’église de Woippy, pourtant vaste, s’avéra trop petite pour contenir tous les amis de la famille. La catafalque, orné de la médaille militaire et de la croix de guerre, disparaissait sous un véritable amoncellement de couronnes et de gerbes, pendant que quatre pompiers observaient pendant tout l’office un impeccable garde-à-vous. La chorale, dont le défunt avait été membre, avait mis tout son cœur dans l’exécution des chants émouvants. Et lorsque M. le curé prit la parole pour tirer la morale du sacrifice de notre jeune compatriote, les plus endurcis eurent bien de la peine à cacher leur émotion. Parmi la nombreuse assistance nous avons reconnu M. Jungling, maire, entouré de ses adjoints et du conseil municipal ; M. Hambourger, commandant la brigade de gendarmerie de Metz ; le corps enseignant au complet, le présidents de toutes les sociétés locales, les enfants des écoles, etc. A l’issue de la messe, le cercueil, recouvert d’un drapeau tricolore, fut hissé sur la pompe des sapeurs-pompiers et, précédé par dix drapeaux des sociétés patriotiques, parmi lesquels ceux de la Résistance, de la J.O.C., de l’U.N.C., de la Relève, etc., se dirigea, suivi de toute la paroisse ; dans un silence impressionnant, vers le cimetière, où le maire eut des paroles émouvantes pour retracer la vie trop brève de l’un de ses meilleurs administrés. Puissent ces nombreuses marques de sympathie être un réconfort pour la famille éplorée, à laquelle « le Lorrain » renouvelle ici ses condoléances attristées.
Copie de la lettre expédiée aux parents de Paul Simon annonçant la mort de leur fils
(Photographie et document ci-dessus aimablement mis à disposition par Madame Marcelle SIMON)
Samedi 8 mars 1958 (RL)
Hubert COLINET trouve la mort en Algérie Le défunt, âgé de 21 ans, était le fils de Mme et M. Marcel Colinet, adjudant tombé en 1940. Dès l’âge de 7 ans, Hubert fut placé à l’école militaire d’Aix-en-Provence comme enfant de troupe, ainsi que son frère, son aîné de deux ans. Une très belle carrière s’ouvrait donc devant lui, puisqu’à 18 ans, il avait déjà les galons de sergent. Hélas, le destin devait en décider autrement. A sa maman, ses sœurs et frère, ainsi qu’à toute la famille, nous présentons en cette douloureuse circonstance, nos sincères condoléances. Mardi 15 avril 1958 (RL) Le porte-drapeau sont en particulier invités à être présents avec leur emblème, cet après-midi, à 15 h., devant l’église. Demain, pour le service funèbre et l’inhumation, rassemblement à 9 h. 30 devant l’hôtel de ville. Tous s’associent au deuil de la famille et présentent à la maman éplorée et aux frères et sœurs du disparu, leurs sincères condoléances. Jeudi 17 avril 1958 (LL) Dans les rangs de la très nombreuse assistance, on remarquait notamment la présence de M. Jungling, maire de Woippy, des membres du conseil municipal, de plusieurs parachutistes amis du défunt et du corps des sapeurs-pompiers au complet, commandé par le lieutenant Hubsch. Dans le chœur, encadrant la dépouille mortelle du sergent Colinet, les drapeaux de sections patriotiques de Woippy, Anciens Combattants, Malgré-Nous, Souvenir Français, Engagés Volontaires, Union Départementales des Combattants, Association des Combattants de l’Union Française, ainsi que ceux de l’association « La Relève » et des sapeurs-pompiers, composaient un émouvant ensemble avec le catafalque recouvert du drap tricolore et les innombrables gerbes qui l’entouraient. Précédée par les porte-drapeau, par un groupe d’écoliers portant les gerbes, et un para en béret rouge tenant un coussin de velours noir où étaient épinglées les décorations du défunt : croix de la Valeur militaire et médaille de la campagne en AFN, la dépouille mortelle du jeune soldat reçut les honneurs d’un peloton du 6e Train et fut déposée sur un fourgon de secours des sapeurs-pompiers. Le cortège gagna ensuite le cimetière paroissial où un dernier hommage fut rendu au sergent Hubert Colinet avant que son corps ne soit déposé en terre natale. A sa maman qui eut déjà la douleur de perdre son mari, tué en 1940, à ses frères et sœurs, ainsi qu’à toute la famille, nous présentons nos condoléances émues. ![]() En haut : Les petits porteurs de couronnes sous la conduite de leur maître, M. Copeaux. En bas : L’assistance dans le convoi funèbre. (Photos J.-E. A.) Jeudi 17 avril 1958 (RL) au sergent-parachutiste Hubert COLINET
L'église de Woippy était trop exiguë pour contenir les nombreux habitants et, parmi eux, quelques personnalités venus là pour assister aux obsèques d'un des leurs : le jeune sergent parachutiste Hubert Colinet, tombé le 25 février dernier, au champ d'honneur, à l'âge de 20 ans, dans la région de Tebessa. Bon nombre d'amis avaient tenu à marquer leur compassion à la famille Colinet, douloureusement éprouvée pour la seconde fois car, il y a 18 ans, Mme Vve Colinet perdit déjà son mari, tué au début des hostilités de la dernière guerre. Entouré de conseillers municipaux, M. Jungling, maire de Woippy, apportait en la circonstance le message d'une municipalité endeuillée par la perte de l’un de ses enfants. Toutes les associations patriotiques étaient représentées et dans le chœur de l’église figuraient, de part et d’autre du catafalque, les emblèmes et drapeaux de l’Association des Combattants de l’Union Française, de La Relève, des Anciens Combattants, des Malgré-Nous, des Engagés Volontaires, du Souvenir Français et des sapeurs-pompiers. Sur un coussin étaient agrafées les décorations du défunt : la Médaille Militaire, Croix de la Valeur Militaire avec palme et Médaille commémorative des opérations en Afrique du Nord. Dans cette nombreuse assistance notons encore, quelques militaires camarades du sergent Colinet, les enfants des écoles et le corps de sapeurs-pompiers, ayant à sa tête le lieutenant Hubsch. A l’issue de la messe dite par M. l’abbé Bémer, un détachement en armes du 6e Train rendit les honneurs, au passage du long cortège qui prit le chemin du cimetière. Le cercueil, précédé des drapeaux des associations patriotiques et d’un jeune parachutiste portant sur le coussin les distinctions du disparu, avait été placé sur un véhicule du corps de sapeurs-pompiers dont les membres, en grande tenue, l’encadraient. Les enfants des écoles portaient les nombreuses gerbes et derrière suivait la foule. Le cortège s'ébranla lentement vers la dernière demeure du sergent Colinet. L'émotion planait sur la foule et ce silence constituait le meilleur hommage que les habitants de Woippy puissent rendre à l'un des leurs tombé au champ d'honneur. En cette douloureuse circonstance, nous renouvelons à Mme Vve Colinet, au sergent-chef René Colinet, frère du défunt, à sa fiancée et à tous les parents et amis de celui-ci, nos bien sincères condoléances. ![]() ![]()
Samedi 23 mars 1958 (RL) le sergent-chef Lucien MANGENOT, trouve la mort en Algérie
A toute la famille si cruellement éprouvée, nous adressons en ces douloureuses circonstances, nos condoléances sincères. Vendredi 24 avril 1958 (LL) ![]() Devant le cercueil, M. Jungling, maire, adresse un dernier adieu à celui qui fut son compagnon dans les F.F.I. (Photo J.-E. A.) Hier matin a été célébré en l’église de Woippy, par M. l’abbé Bémer, curé de la paroisse, un service funèbre à l’occasion du retour de corps du sergent-chef Lucien Mangenot, tombé le 18 mars en Algérie, alors qu’il participait à une opération avec un groupe du 2e Régiment de Parachutistes Coloniaux. Au premier rang de la nombreuse assistance, on notait la présence de M. Jungling, maire de la commune, des membres du conseil municipal, du commandant Walton, commandant la CRS 71 ; du capitaine Schuler, de l’officier de police Speck et d’une délégation de CRS, venus témoigner leur sympathie au frère du défunt, le brigadier André Mangenot, appartenant au peloton motocycliste de la CRS et à sa famille. A la sortie de l’office, un peloton du 2e Génie rendit les honneurs et la dépouille mortelle fut déposée sur un fourgon des sapeurs-pompiers. Le cortège, en tête duquel se trouvaient les enfants des écoles portant les gerbes, les drapeaux des sociétés patriotiques environnantes, un jeune parachutiste porteur du coussin où étaient épinglées les décorations du sergent-chef, au nombre desquelles figuraient la Légion d’honneur, la Médaille militaire et la Croix de la Valeur militaire, gagna lentement le cimetière. Avant que le corps de Lucien Mangenot ne soit déposé dans sa terre natale, M. Jungling fit l’éloge funèbre du défunt, rappelant ses innombrables mérites. Certains souvenirs furent également évoqués, notamment ceux de l’époque où M. Jungling commandait un groupe de FFI, auquel Lucien Mangenot appartenait bien qu’âgé de 16 ans. Les drapeaux saluèrent une dernière fois Lucien Mangenot, tandis que la foule lui rendait un ultime hommage. En ces douloureuses circonstances, nous renouvelons à sa famille nos sincères condoléances. Vendredi 25 avril 1958 (RL)
Pour la deuxième fois en ce mois d'avril, les habitants de Woippy ont accompagné jusqu'à sa dernière demeure, l'un des leurs, tombé au Champ d'Honneur, le sergent-chef Lucien Mangenot, décédé le 18 mars dernier, en Algérie. Le grand nombre d'amis de la famille et du défunt put à peine trouver place en l'église paroissiale, plus que comble. Entouré de ses conseillers, M. Jungling, maire de la localité, témoignait, par sa présence, de la part que prend la municipalité dans ce nouveau deuil. Les associations patriotiques étaient largement représentées et leurs emblèmes figuraient de part et d'autre du catafalque ; les Combattants de l'Union Française, la Relève, les Anciens Combattants, les Malgré-Nous, les Engagés Volontaires, les drapeaux du Souvenir Français et des Sapeurs-Pompiers, d'autres encore. Dans la nombreuses assistance, signalons encore quelques militaires, les enfants des écoles et le corps des Sapeurs-Pompiers en grande tenue, conduit par le lieutenant Hubsch. L'abbé Bémer, curé de Woippy, officiait et à la fin de la messe, un détachement rendit les honneurs alors que le cortège prenait le chemin du cimetière. Le cercueil était précédé des drapeaux des associations patriotiques ainsi que des enfants portant les couronnes. Les pompiers encadraient la dépouille mortelle que suivait un jeune parachutiste portant les décorations du défunt : la Légion d'Honneur, la Médaille Militaire, la Croix de Guerre des T.O.E., la Croix de la Valeur Militaire avec palme et les Médailles commémoratives des opérations d'Indochine et d'Afrique du Nord. Avant que le cercueil soit mis en terre, M. Jungling prononça l'éloge funèbre du disparu. Il rappela d'abord brièvement les combats d'El Ouzane où le sergent-chef Mangenot devait trouver une mort glorieuse à la tête d'une section du 2e Régiment de Parachutistes Coloniaux. La carrière du disparu se résume en campagnes glorieuses au service du pays ; le jeune F.F.I. de la section de Woippy n'avait que 16 ans et en 1946 Lucien Mangenot s'engageait au 5e Chasseurs d'Afrique. Après deux séjours en Indochine où il fut notamment parachuté à Dien-Bien-Phu, il rejoignit l'Algérie à l'issue d'un bref séjour en France. A Port-Saïd, il mérita sa Médaille Militaire à titre exceptionnel, que le Président du Conseil lui remit le 13 juillet 1957. Enfin, il connaît la mort glorieuse des héros. Une foule émue écoutait les paroles du maire ; une nouvelle famille de Woippy est cruellement frappée par la disparition d'un des siens. En cette pénible circonstance, nous renouvelons aux parents du disparu nos très sincères condoléances. Copie de la lettre expédiée à la maman de Lucien Mangenot annonçant la mort de son fils
![]() La plaque souvenir sur la tombe de Sergent-chef Lucien MANGENOT
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