Plappeville
Dimanche 4 janvier 1891 Plappeville. L'ouvrier Noirez, employé comme domestique chez M. Lapointe, cultivateur à Saint-Eloy, près Metz, est tombé avant-hier en bas d'une voiture de fagots qu'il voulait décharger et s'est fait de graves lésions internes. Noirez est père de trois enfants ; il a été ramené à son domicile à Plappeville, où il vient de succomber. (LL)
Jeudi 29 janvier 1903 Plappeville : (La Saint-Vincent). On nous écrit : La fête de saint Vincent, patron des vignerons, a été célébrée comme d'habitude avec la plus grande solennité. Dès le matin, notre Fanfare, dirigée par son excellent chef M. Thiry, est venue au devant de la gracieuse quêteuse et des membres dévoués à saint Vincent, et au son des marches le plus entraînantes nous a tous accompagnés à l'église. La grand'messe en musique a été célébrée avec éclat et ce que j'ai remarqué de plus édifiant c'est qu'elle était servie ce jour-là par les membres actifs tous gens mariés et pères de famille qui se font une gloire de rappeler leur jeunes années en servant avec ferveur la messe à leur vénérable pasteur. Honneur à nos braves vignerons ! On ne peut pas dire que ceux-là ont le respect humain et craignent de se montrer catholiques pratiquants. Honneur à ces pères de famille qui donnent le bon exemple à leurs enfants. Saint Vincent, espérons-le, les protégera pour faire obtenir une bonne récolte de cet excellent vin qui peut rivaliser avec les meilleurs crûs du pays messin. Le choix pour les servants de messe et pour la quêteuse eut lieu par voie de tirage au sort. Cette année, par un singulier hasard, tous les servants portaient le prénom de Joseph. La quêteuse, Mme Joseph Hocquard, les quatre servants MM. Joseph Jean, Joseph Henri, Joseph Zimmermann, Joseph Guilpart que nous remercions tous de leur dévouement et leur exemple. Un passant » (LL) Mardi 23 janvier 1906 Plappeville. La propriété de feu Mlle Cochard, appartenant maintenant à M. le marquis de Montrichard, écrit-on au « Messin », vient d’être louée à une maison de champagne de première marque, qui a son siège à Reims. Est-ce pour un dépôt ou la fabrication de moût ? on ne saurait encore trop le dire, mais espérons que la dernière version sera la vraie, et que cette maison appréciera les produits de ce coteau si injustement méconnu. (GdL) Mercredi 31 janvier 1906 Plappeville. On nous écrit le 27 janvier : « Monsieur le Rédacteur, Quoique le jour anniversaire de la naissance de notre Empereur vénéré soit fêté dignement dans toute l’Allemagne, il y a lieu cependant de signaler les localités qui le font avec une certaine solennité. C’est pourquoi je crois devoir vous indiquer comme modèle la petite commune de Plappeville qui, cette année encore, mérite bien des éloges pour l’éclat qu’elle sait y mettre et la participation générale des habitants. La coopération de la fanfare d’ailleurs en est aussi une des principales causes. La fête scolaire bien préparée par les instituteurs et institutrices attire la population, et c’est devant une salle comble et aux sons de morceaux brillants que se fait l’arrivée imposante de M. le Maire, accompagné de son Conseil et des invités et escorté des pompiers. A la sortie de la séance, le même cortège se reforme et se rend dans une salle de l’hôtel du Lion-d’Or où le vin d’honneur est offert par la municipalité, pendant que la fanfare donne un concert qui se termine par un discours du Maire et le chant national. Enfin, dans l’après-midi, ont lieu deux banquets officiels : celui des pompiers auquel assistent non seulement le Maire et son conseil, mais encore plusieurs étrangers, et celui de la Société de musique comprenant tous les jeunes gens. Un assistant. » (GdL) Samedi 9 juin 1906 Plappeville. Dans la nuit de lundi à mardi, un soldat est entré par une fenêtre dans la cuisine d’une personne à l’aise ; mais se trompant de fenêtre, il a pénétré chez une vielle cuisinière qui, entendant du bruit, eut le temps de se lever. L’intrus la saisit à la gorge et tente de l’étrangler, mais encore solide, elle se débat, elle appelle au secours, les chiens du voisinage hurlent, les gens accourent, le bandit se sauve ; poursuivi par des hommes et reconnu par eux, il entre dans un fort, mais il n’échappera pas à la punition qu’il mérite. Vendredi 22 juin 1906 Plappeville. Mardi a eu lieu dans cette commune l’enterrement d’une brave domestique Marie Jollivald qui a été pendant 57 ans, de sa 13ème à sa 70ème année, au service de la famille Th. Il y a des années S.M. l’Impératrice lui avait conféré une croix en or. D’après une correspondance de la Metzer Zeitung la défunte était célibataire et laisse ses économies assez considérable à des parents éloignés. (GdL) Jeudi 21 mars 1907 Plappeville (Clôture d’adoration). On nous écrit : « Avez-vous jamais vu chose pareille ? Après le dernier soir de l’adoration, la population enchantée a fait une ovation à son prédicateur, le R.P. Léglise. Le maire et l’adjoint l’attendaient à la sortie du dernier salut avec la fanfare et des torches : toute la paroisse l’a reconduit triomphalement au presbytère en une superbe retraite aux flambeaux. Après un échange de compliments, on s’est séparé la joie au cœur, laissant le vénérable pasteur de la paroisse tout au bonheur de son succès. » (LL) Samedi 18 mai 1907 Plappeville (A propos de la variole). On nous écrit : « Le correspondant qui vous a communiqué l’information sur le cas de variole à Plappeville a exagéré la situation qui est celle-ci : Une famille d’Italiens composée du père, de l amère et de deux enfants en bas âge, habite Plappeville. La femme a l’habitude de laver quelques linges de leurs compatriotes habitant Metz. Cette femme étant tombée malade est restée alitée pendant quelques jours. Une co-locataire l’a soignée et a même lavé le linge apporté et pour récompense de son dévouement, elle a été contaminée par ce lavage. C’est le même médecin qui a soigné ces deux femmes ; il n’a rien constaté chez l’Italienne qui est rétablie aujourd’hui. Il n’y a donc pas trois cas, mais un seul. Par le compte-rendu de la séance du Conseil municipal on serait tenté de croire que la ville craindrait d’être contaminée par les varioleux de la campagne quand dans le cas présent c’est le contraire qui s’est produit. Il est vrai que dans beaucoup de cas la contamination est causée par des ouvriers italiens. Dans la maison où habite la femme atteinte de la variole, il y a six manages, comprenant 27 à 30 personnes. La commune n’a pas demandé que ces habitants soient transportés à Metz. Ils sont internés et pour éviter tout contact la maison est surveillée et gardée par des pompiers. (LL) Mercredi 3 juillet 1907 Pays de Metz (Etat du vignoble et du commerce des vins). Du Journal agricole : Les vignes du val de Metz, à partir de la côte de Dase, jusqu’à Jussy, Saulny, Plappeville, Lorry-Vigneulles, Devant-les-Ponts, Longeville, Scy-Chazelles, Rozérieulles et Sainte-Ruffine, Jussy, Lessy et Vaux sont actuellement aussi belles que possible ; elles fleurissent partout. Malheureusement la température avec ses lubies n’est justement pas très favorable à la floraison. Les nuits sont parfois très fraîches et pendant le jour nous ne pouvons dire que nous avons eu jusqu’ici un vrai temps d’été. La température a même été parfois très proche de la gelée pendant la semaine écoulée. Pour le développement du mildiou ce temps n’a pas été bien dangereux jusqu’ici, de sorte que ceux qui auront sulfaté pour la première fois déjà, pourront se regarder comme étant bien protégés ; seulement ils ne devront pas oublier de répéter ce sulfatage, trois semaines environ après le premier, et le cas échéant le faire même avant ; par les journées dangereuses viendront maintenant seulement. L’invasion n’est pas empêchée, mais bel et bien remise, que nos vignerons se tiennent bien avertis. (LL) Dimanche 7 juillet 1907 La grêle. Hier soir, un peu après cinq heures, le ciel s'est assombri ; le vent a soufflé avec violence et nous avons eu à Metz un orage assez court d'ailleurs, marqué par quelques coups de tonnerre et une forte ondée. Ce matin nous apprenons que cet orage a été un véritable désastre pour le Pays-Haut où la grêle a fait d'énormes ravages. La grêle est tombée drue pendant plusieurs minutes. Les récoltes, seigles et blés, les pommes de terre et les légumes dans les jardins sont hachées. Un meunier arrivé à la suite de l'orage à Metz avait encore sur la bâche de sa voiture de grandes quantités de grêlons. La grêle paraît avoir surtout éprouvé les localités de Saint-Privat, Amanvillers, Malancourt, Saulny ; on en a eu aussi à Lorry, Plesnois, Norroy, Woippy, Scy, etc. A Lorry on a pesé un grêlon qui accusait le poids de 110 grammes. Ce matin, les personnes de ces régions venues au marché, racontent le désastre irréparable occasionné en quelques minutes par cet orage. Aux environs du fort « Kaiserin », les grêlons avaient la grosseur de noix et même de petits œufs. Des ouvriers qui venaient de quitter le chantier vers 6 heures du soir, ont été blessés assez sérieusement par les grêlons. De nombreuses vitres de la caserne de la compagnie qui tient garnison pris du fort et de la cantine voisine ont été brisées. Deux heures après l'orage, on pouvait encore voir dans les fossés une couche de grêlons d'une épaisseur de 20 à 30 centimètres. On s'imagine ce qu'ont été les dégâts dans ces conditions. Les populations sont consternées. (LL) Jeudi 11 juillet 1907 Environs de Metz (Encore l’orage du 5 juillet). On nous écrit : « Venant du sud-ouest, il a fait ses ravages d’abord sur Mars-la-Tour, la ferme de Corps près de Saint-Marcel, Rezonville et le fort Kaiserin, les fermes de La Folie et de Leipzig ; passant au-dessus de la vallée de Monvaux, il s’est abattu sur le plateau d'Amanvillers et Lorry, ravageant les fermes Saint-Vincent et Saint-Maurice ; de là, il a gagné le fort de Saulny, pour redescendre sur Plesnois, Villers, annexe de Norroy, jusqu’à la Moselle, attaquant une partie du ban de Maizières et de La Maxe. Sur toute cette ligne, large de un à deux kilomètres, le fléau a passé terrible. Les dégâts occasionnés de chaque côté de cette bande sont moins considérables, quoique réels, mais dans les fermes de Saint-Vincent et Saint-Maurice en particulier, il ne reste rien de toutes les récoltes qui n'avaient peut-être jamais tant promis. Cela n'a duré que sept à huit minutes ; les glaçons, chassés en ouragan, s'entrechoquaient avec des sifflements effrayants, hachaient tout et formaient une couche de glace de 10 à 15 centimètres d’épaisseur. J’ai cru périr, disait un charretier qui se trouvait sur la route, mes chevaux ruaient et se cabraient, j'étais moi-même criblé de coups qui me faisaient crier de douleur et le lendemain, j’en étais encore tout courbaturé. Je n'ai jamais eu peur, me disait un autre, mais cette fois j'ai cru ma fin arrivée et j'ai fait ma prière. C’est une désolation pour les fermiers ; sur 75 hectares, il n’y a pas une corbeille de blé à retirer, impossible même de distinguer et de reconnaître les différentes espèces de récoltes, le plateau est comme un désert. Les alouettes et autres oiseaux ont disparu ; on retrouve quantité de lièvres et de perdreaux qui ont péri. Dans les vignes de Norroy et de Plesnois, les dégâts sont aussi considérables. De la foudre et de la grêle, délivrez-nous, Seigneur ! P.-S. - Quelques-uns des sinistrés sont assurés contre la grêle, ils seront loin de recevoir l'équivalent de leurs pertes ; d'autres ne le sont pas ; il est trop facile de le leur reprocher ; le fermage, les contributions, les prestations, les syndicats et autres assurances, sont aussi une grêle d’une autre façon. Le gouvernement viendra-t-il au secours de ces pauvres malheureux ? (LL) Jeudi 17 octobre 1907 Plappeville (Les vendanges). On nous écrit : « Les vendanges sont maintenant terminées. Elles ont été faites par un très beau temps, ce qui a donné plusieurs degrés en plus au vin ; le rendement n’a pas été grand , mais en revanche la qualité est très bonne, le cru de cette année dépassera le 1904 ; les vignerons ont de l’espoir pour 1908, les vignes n’ayant aucune maladie, le bois est beau et bien mûr. Beaucoup de propriétaires ont vendu les raisins au prix de 30 M. les 100 kilos pour des maisons de champagne, ce qui représente un prix de 20 M. la hotte de vin. Un vigneron. (LL) Mardi 4 janvier 1910 Plappeville. ( Noces d'or) M. Jean-Théodore Thiry, ancien instituteur principal à Metz, retiré depuis sa retraite à Plappeville d'où était originaire la famille de son épouse, et Madame Thiry, née Marie Fidry, ont célébré leurs noces d'or hier lundi, 3 janvier. Cet anniversaire a été l'occasion d'une belle fête à laquelle toute la population de Plappeville s'est associée. Dès la veille, M. le Curé de la paroisse , accompagné des membres du conseil de fabrique dont M. Thiry est le président, est allé présenter ses souhaits aux jubilaires et, en signe de gratitude pour les services rendus par M. Thiry, il leur a offert une statue du Sacré-Cœur d'une exécution artistique. Hier matin, à 9 heures, M. le Curé de Plappeville, chargé à cet effet par M. le Directeur d'arrondissement de Metz-campagne, en présence de M. Bauchez, maire, et des membres du Conseil municipal de la commune, a remis à M. et Mme Thiry, en y joignant ses félicitations, la médaille jubilaire en argent avec une lettre de souhaits de S. M. l'Empereur. Puis M. Bauchez, maire, un ancien élève de M. Thiry, s'est fait l'interprète, en excellents termes, des sentiments et des vœux de bonheur de la municipalité et de la population de Plappeville où M. Thiry jouit à juste titre de l'estime et de la sympathie générale. A peine M. le Maire terminait-il son discours, que retentissaient les accords de la musique de l' « Union » de Plappeville, dont M. Thiry est le fondateur et le directeur zélé et dévoué, pendant que les détonations des boîtes annonçaient au loin les débuts de cette charmante fête. Le Président de la Société, à la tête d'une délégation, est venu ensuite présenter ses félicitation aux jubilaires et, comme témoignage des sentiments de reconnaissance des membres de la Société, il a offert une superbe garniture de cheminée dont le principal sujet représente une allégorie de la musique, le tout accompagné d'un magnifique bouquet. La « Chorale » de Vaux, qui entretient des rapporte de bon voisinage avec l' « Union » de Plappeville, avait envoyé une délégation pour affirmer ainsi sa solidarité et participer à la joie de cette journée.. Disons encore que M. le Maire de Metz, par une délicate attention qui a vivement touché les jubilaires, avait adressé à M. Thiry une lettre de félicitations dans laquelle il a rappelé les services que le jubilaire a rendus à la Ville de Metz comme instituteur principal. Puis le cortège s'est organisé et, musique en tête, on s'est rendu à l'église. Aux jubilaires s'étaient joints les plus proches membres de la famille ; on remarquait en particulier Mme Kesler, la fille unique de M. et Mme Thiry, venue de Vincennes avec l'une de ses filles. Nous disions plus haut que la population entière de Plappeville n'était associée à cette fête. Cela est surtout vrai pour la cérémonie religieuse. La coquette église de Plappeville était bondée comme aux jours de fête pour la messe d'actions de grâces. Après 1'évengile, M. le Curé a adressé aux jubilaires une allocution bien sentie, qui a produit une profonde impression sur toute l'assistance. Il faut ajouter ici que le mariage de M. et Mme Thiry avait été célébré dans cette même église de Plappeville, de même aussi que le repas de noces avait eu lieu dans la maison qu'ils habitent encore actuellement, coïncidences qui méritent certes une mention. Une réunion d'un caractère tout intime, empreinte d'une franche cordialité, a suivi la cérémonie religieuse. Dans le courant de l'après-midi, la Société de musique est venue donner un concert sous les fenêtres de la maison des jubilaires. Les nombreux anciens élèves de M. Thiry et ses anciens collègues seront heureux d'apprendre que les jubilaires ont eu 1a grande joie de fêter leurs noces d`or en excellente santé, et ils feront des vœux pour qu'ils jouissent encore pendant de longs jours d'une existence tranquille, exempte de soucis. A Plappeville même, on gardera pendant longtemps le souvenir de cette fête touchante des noces d'or de M. et Mme Thiry. (LL) Mardi 17 mai 1910 Plappeville. (Nécrologie. M. l'abbé Lennuyeux) La paroisse de Plappeville est en grand deuil. Elle vient de perdre celui qui, depuis 45 ans, était son curé, et comme disait hier une bonne femme du village : « sa mort va faire un grand changement chez nous ». M. l'abbé Lennuyeux était une personnalité bien connue à Metz et dans les environs. Né en 1833 à Vigy, où son père était percepteur, il avait été ordonné prêtre en 1858 et nommé professeur à la Maîtrise. Il n'y passa que quelques années, après lesquelles Mgr Dupont des Loges lui confia la paroisse de Plappeville, où le bon air de la campagne devait fortifier une santé bien délicate. C'est là qu'il fut pendant si longtemps l'homme dévoué à sa paroisse ; on se rappelle encore les services rendus par son dévouement pendant la guerre de 1870. C'est là qu'il fut le prêtre pieux, régulier, fidèle à toutes les traditions religieuses d'une paroisse, le prêtre vivant de l'esprit de foi, toujours préoccupé du bien et du salut des â mes qui lui étaient confiées. Le sacrifice de sa vie offert pour sa paroisse fut un de ses derniers actes, et « pourquoi », répétait-il dans les dernières heures de son agonie, « pourquoi n'aime-t-on pas davantage la Sainte Eucharistie? ». Esprit fin et cultivé d'ailleurs, littérateur distingué et aimant l'étude, il avait su se créer des relations précieuses dans les grandes familles du vieux Metz; et vis-à-vis de tous, sa distinction native, ses manières toujours dignes et son amabilité toujours prête à obliger, avaient su forcer l'estime, et lui conquérir de fortes amitiés. « Je désire mourir les armes à la main », avait-il répété souvent; il en fut ainsi. Fatigué, à son âge, des longues processions des Rogations et des fêtes de l'Ascension, spécialement solennelles à Plappeville, il tomba, le lendemain, après avoir encore porté le saint Viatique à un malade ; une congestion pulmonaire se déclarait et l'emportait, après quatre jours de maladie, sanctifiés encore par les actes d'une piété édifiante et d'une grande résignation. Notre-Dame de la Salette obtiendra sans doute une belle récompense, à celui qui a relevé et développé son culte et son pèlerinage à Plappeville, avec le zèle si dévoué que les pèlerins apprécieront chaque année. Un ami. Les funérailles de M. le Curé de Plappeville ont eu lieu hier au milieu d'un très grand concours de clergé et de peuple. Les paroissiens en faisant très dignement les choses, ont montré leur affection pour leur pasteur, et quand son cercueil traversait les rangs des enfants et des jeunes gens pour arriver à l'église, au milieu des couronnes et des lumières, on sentait un vrai deuil de famille. Quatre hommes, enfants de chœur volontaires, servirent à l'autel la grand'messe que chantait M. le chanoine Bourgeat. M. l'Archiprêtre de Saint-Vincent a donné, en un langage rapide et émis, une photographie bien véridique du digne curé et les larmes de ses paroissiens ont abondamment coulé : les deux frères prêtres du défunt garderont de ce discours un réconfortant et réconfortant souvenir. Au cimetière, M. Bauchez, maire, qui suivait le deuil avec tout son conseil municipal et toute la paroisse a pris la parole en ces termes « Regretté Curé, C'est au nom du Conseil municipal et au nom de tous les habitants de la commune que je dépose cette couronne sur votre cercueil, laquelle montre l'attachement, l'amour et le respect qu'avaient tous les paroissiens pour leur vénéré curé. Mais ce n'est là qu'un faible tribut que vous devaient toutes ces familles aujourd'hui en deuil pour toutes les peines et les sacrifices sans bornes que vous vous êtes imposés durant les 45 années de votre ministère sacerdotal que vous avez exercé dans votre seule et unique paroisse de Plappeville. En ce moment petits et grands pleurent, leur pasteur qui n'est plus. Le vide que vous laisserez parmi nous sera grand, mais notre consolation est, qu'une autre couronne vous attend là-haut dans un monde meilleur, récompense de tous ceux qui sur cette terre ont mené une vie sainte comme la vôtre. Puissent toutes ces marques de sympa thie qui vous sont données, être un soulagement au deuil que vous causez à votre famille éplorée pour laquelle vous avez été plutôt un père qu'un frère et nous espérons qu'elle en conservera un bon souvenir. Que la terre vous soit légère et que vous reposiez en paix dans ce cimetière où vous êtes tant de fois venu prier. Dans l'attente de nous revoir tous un jour dans la cité céleste je vous adresse un dernier adieu et au revoir. » Après M. le Maire, M. Thiry, président du Conseil de fabrique, a résumé en quelques paroles du cœur, la vie, le dévouement et l'édification de M. l'abbé Lennuyeux : au nom de la paroisse, il a promis au cher curé défunt la fidélité du souvenir et de la prière. (LL)
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